Les poules

Les poules Jusqu’aux années 1960, les habitants de Kientzheim étaient presque autosuffisants sur le plan alimentaire. Le potager donnait des petits pois, des haricots, des concombres, des fraises... Les arbres donnaient des cerises, des prunes, des pommes… Un champ donnait des pommes de terre, des choux. Et une petite basse-cour apportait des lapins, des poules, des œufs…

A quelques dizaines de mètres de la maison, nous avions ainsi un poulailler avec 5 poules blanches que mes parents avaient achetées sur le marché de Colmar.

Après le repas du midi, j’accompagnais parfois ma mère pour apporter aux poules les restes du repas. Les poules avaient rasé la terre et ne trouvaient plus rien dans le sol. Elles étaient donc impatientes de se nourrir. Elles venaient regarder ce qui était apporté tout en caquetant. Ma mère poussait les restes du repas dans un vieux récipient et versait l’eau dans une ancienne casserole sans manche. Puis, on allait récupérer les œufs dans l’abri qui leur servait aussi de pondoir.

L’une des poules réussissait à voler par-dessus le grillage. Le matin, elle venait en caquetant vers la maison pour commander un petit-déjeuner. Mon père s’en amusait et se faisait accompagner par la poule jusqu’à la réserve de blé, pour aller ensuite servir une bonne dose dans le poulailler.

Pendant une époque, un coq a fait partie du groupe. Je n’avais plus le droit de rentrer dans le poulailler, car il nous accueillait à coups de bec ! Ma mère s’en méfiait aussi. Le chant du coq à l’aube a dû mettre un terme à sa carrière.

Le renard ne rodait pas dans le village. Les poules pouvaient donc pondre paisiblement. Mais quand elles ne pondaient plus, elles prenaient assez rapidement la direction de la casserole. Mon père s’occupait d’occire l’animal. Et ma mère le déplumait et le préparait en cuisine.

Avec les années, les enfants ont quitté la maison. Il y avait moins de restes de repas. Les poules ont été moins nombreuses, puis il n’y en eut plus. Le terrain avait été réquisitionné pour le rangement de l’exploitation.

Depuis quelques années, j’ai construit un poulailler sur mon terrain. Il héberge 3 poules. Mais dans ma campagne bretonne, le renard rode et la fouine peut faire des massacres. La sécurité des volailles est devenue une préoccupation.

Elever des poules revient au goût du jour ! Elles mangent les restes des repas, donnent des œufs et peuvent être servies sur la table. Elles peuvent même prendre des airs d’animal de compagnie, car elles reconnaissent la personne qui vient s’occuper d’elles et se laissent volontiers caresser. En contrepartie, elles ont besoin d’un entretien quotidien. Elles peuvent être autonomes pendant quelques jours éventuellement. Mais pendant les vacances, un voisin doit pouvoir passer pour les nourrir et ramasser les œufs.

Le 18 juillet 2013
François
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